Je suis le paradoxe du paradoxe. Je voudrais être blanche, je suis noire. Je voudrais être noire, je suis blanche. Et alors même que j'affirme être l'opposé, je suis le juste milieu. Je ne suis rien, je suis tout ; et pourtant je suis un mélange homogène des deux.
Je cherche à être forte parce que j'ai une conscience absolue de ma faiblesse réelle. Je me façonne des murs d'indifférence, alors que je ressens tout.
Je m'admire autant que je me fais pitié. Autant que je m'indiffère. Je suis limite perdue entre tous les moi que je fabrique, pour mieux me détourner de l'ennui et du regard du monde. Je fuis tout ce que je déteste, mais je crois au fond, que je suis tout ce que je déteste.
Mes idéaux sont bâtis sur ce qui m'échappe totalement. Sur ce qui m'est inaccessible. Ou ce qui ne m'est plus accessible.
J'ai perdu de mon authenticité, à force de chercher à être ma perfection. Je ne suis plus qu'un résidu de sentiments, un amas d'idées, de prétentions toutes plus fausses les unes que les autres.
Je suis un résidu qui ne sait absolument plus vers quoi se tourner. Alors je teste tout, pour trouver ce que je cherche inlassablement.
Je tente la gentillesse, jme fais remballer la seconde d'après parce que la gentillesse n'est pas faite pour ce monde. Faut pas être gentil tout seul, au risque de perdre le cerveau.
Je tente la méchanceté, ça m'écoeure, je me mets à détester tout le monde et moi-même par la même occasion.
Je tente l'indifférence. Je me persuade tellement de ne plus rien éprouver que je finis par devenir vraiment un légume sentimental. Une enfoirée affective, comme disait julia.
Je tente le juste milieu, je me fais détester de tous parce que la jalousie bat son plein si jcommence à être heureuse, donc au final jsuis blasée parce que jperds tout ce que j'aime.
Je tente de ne plus réfléchir ; je passe plus de temps à faire taire ma cervelle qu'à vivre.
Je tente d'être moi-même, et de tout ressentir au maximum ; situation impossible à gérer. C'est là que jdeviens folle le plus vite parce que toutes les autres personnalités reprennent le dessus et se mitraillent entre elles.
Je suis en pleine crise de désillusion. Cette crise a commencé il y a 3 ans. J'ai l'impression d'être dans les derniers tournants, mais en même temps j'ai la sensation très désagréable que plus j'avance et plus j'augmente mes chances de ne jamais en sortir. Parce que plus j'avance, plus je me rends compte de la cruauté(merci) de ce monde. En même temps, je sais que rien d'autre n'est concevable, et que j'entretiens moi-même cette condition humaine que je déteste et méprise par dessus tout. Une des raisons pour lesquelles je m'en veux d'ailleurs.
J'aimerais trouver quelque chose de différent. Qui ne soit pas construit sur de l'hypocrisie, sur de l'ignorance, de la bêtise ou de la méchanceté. Quelque chose de profondément vrai, de profondément pur. (et là je me déteste déjà de croire que cette chose existe)(en même temps, je n'aurais pas conscience de cette autre chose si je ne l'avais pas déjà trouvée ailleurs.)
Bref vous voyez, là je me trouve incroyablement pathétique. Et ce que je trouve encore plus désobligeant c'est de vous confier que je me trouve pathétique parce que ça m'ôte toute fierté. Et surtout vous pourriez croire que je vous considére comme mes égaux. Ce qui est faux. Je ne crois absolument pas que quelqu'un puisse m'apporter de l'aide. Je suis seule. Vous êtes seuls. On est tous terriblement seuls. Personne n'est apte à comprendre personne.
Blasée.
On n'est pas pareils. Mais chez toi y'a une part de vérité. Je sais pas ce que je pense. Je sais pas ce que tu penses. Et ça me traumatise.
Tu veux pas m'inviter chez toi ?
On oublie tout et on recommence.
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